La colloquité ou l’art de brasser de l’air à l’université
J'étais en train de scroller sur mon fil d'actualité l'autre soir et je suis tombé sur la publication d'un ami très cher. Il y parlait de cette fameuse colloquité. Ce nouveau concept à la mode dans nos facultés, c'est l'équivalent académique du simple papotage. Cette fâcheuse manie d'organiser des colloques uniquement pour le plaisir de les organiser. La lecture de ce texte m'a piqué au vif parce que ce que je condamne depuis des années, c'est précisément cette dérive. Cela vide l'université de sa substance.
Il suffit de consulter les sites d'appels à communication pour comprendre les dégâts. On y croise inlassablement les mêmes titres pompeux et les mêmes noms reviennent toujours. J'ai la conviction que les comités scientifiques ne lisent absolument rien des propositions envoyées. Le jeu est faussé à la base. Les places étant distribuées aux connaissances bien avant la publication de l'annonce, on se demande vraiment à quoi sert cette mise en scène.
Les premières victimes de cette mascarade, ce sont bien sûr les doctorants. Ils n'ont pas d'autre choix que de marcher dans la combine. Ils ont un besoin vital de cette misérable attestation de présence pour avoir le droit de soutenir leur thèse. Les laboratoires organisent alors leurs propres rencontres en vase clos pour faire du chiffre. C'est une bête question de quota à remplir pour satisfaire l'administration. On ne cherche plus à débattre, on accumule des preuves de vie.
Le volet financier de l'affaire est encore plus scandaleux. C'est là que le bât blesse vraiment. On exige de ces jeunes chercheurs de passer à la caisse pour parler devant une salle presque vide. Tu paies ton inscription et tu paies ensuite pour que ton article atterrisse dans des actes que personne ne lira jamais. Ce racket pur et dur, on le masque sous l'appellation très commode de frais logistiques. C'est prendre les gens pour des imbéciles.
Une fois sur place, tu retrouves les éternels marchands de vent. Des individus qui maîtrisent l'art de parler pendant vingt minutes pour ne rien dire. Ils balancent deux ou trois concepts pour enfumer l'auditoire. Leur seul objectif est de serrer la main du doyen. Il faut bien soigner son carnet d'adresses. Le fayotage institutionnel se porte à merveille par les temps qui courent.
Tout le milieu valide ce cirque sans la moindre gêne. On sacrifie la recherche au profit de la bureaucratie. La prochaine fois que vous recevez une invitation pour un rassemblement de ce genre, évitez de perdre votre temps. Allez plutôt boire un café noir à la terrasse du coin. Ce sera infiniment plus utile et beaucoup moins hypocrite.
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